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[CR] Fallen Eagles - Scénario 4 - Saumur

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1 [CR] Fallen Eagles - Scénario 4 - Saumur le Lun 29 Juin 2015 - 3:08

Bonjour,

Dans le cadre de la présentation des jeux d'Histoire au musée des blindés de Saumur (Merci Ardepe), j'ai joué une partie de démonstration de Fallen Eagles. J'ai eu l'occasion ainsi de présenter le jeu à pas mal de monde, de jouer un bout de partie avec Monsieur Guillaume - merci à toi - et de prendre des adresses pour des parties futures via Vassal lorsque le module sera disponible.

Pour la partie, je choisis une partie historique sans les cartes stratégiques.

Le plan français est simple : offensive à gauche entre Merbes Braine et Braine l'Alleud par le IIème Corps de Reille et le IVème Corps de Cavalerie de Kellermann. Maintient d'une pression sur la droite par une attaque limitée de d'Erlon et de son I Corps sur la Haye Sainte avec des escarmouches sur l'extrémité de la ligne - très vulnérable. La jonction entre les deux et la couverture d'Hougoumont seront assurées par le VIème Corps de Mouton. Le IIIème Corps de Milhaud est tenu en réserve entre la Belle Alliance et Hougoumont de manière à pouvoir intervenir là où on en aura besoin. Si possible, l'idée est de ne pas engager Milhaud contre les Anglais pour le conserver pour nos amis prussiens.

Le plan anglo-allié est encore plus simple : on s'accroche aux positions. La réserve (Brunswick, Collaert, Uxbridge, Nassau) sera maintenue en arrière en attendant d'en avoir besoin. Dans le cas de Brunswick, si une attaque a lieu sur la droite, ce dernier prendra position autour de Merbes Braine.

A 11h, la bataille débute. Le IIème Corps débute un lent mouvement - gêné par la boue - vers la gauche, son flanc et ses arrières couverts par Kellermann. La cavalerie légère du IIème Corps s'attaque aux bataillons trop avancés et mal couverts de la 4th Division de Colville. Ces derniers sont culbutés, échouant à se mettre en carré. Mouton se met également en branle afin de se mettre en place, sur les talons de Reille. Enfin, un peu avant midi, d'Erlon déclenche les hostilités par une attaque de la Haye Sainte.

A 12h, les combats à droite gagnent en intensité alors que Mouton finit de se mettre en place sous le feu redoutable des batteries anglaises. Reille poursuit son mouvement, qui déclenche rapidement le redéploiement de Brunswick. Sa cavalerie maintient la pression sur les troupes de Wellington mais subit des pertes de l'artillerie et du feu de l'infanterie britannique. Par ailleurs, le IIème Corps et la 2nd Division de Clinton entament un duel d'artillerie. Le feu britannique, moins dense, se fait malgré tout plus précis.
Un peu avant 13h, d'Erlon finit par emporter la Haye Sainte.

A 13h, Reille bataille lourdement contre les troupes du contingent de Brunswick mené par Olfermann. Ces dernières subissent de lourdes pertes face à la cavalerie légère du IIème Corps avant de finir par les mettre en déroute. Les cavaliers ont alors subit des pertes très lourdes. Un assaut français en règle est ensuite repoussé par un feu très dense de mitraille et de l'infanterie. Le IIème Corps commence à souffrir du combat. Si bien que le Prince d'Orange fait contre-attaquer Olfermann et Clinton. Si Clinton refoule le flanc du IIème Corps, Olfermann est repoussé. Une ultime contre-attaque parvient à détruire les débris du contingent de Brunswick mais échoue contre Clinton dont les pertes sont tout de même lourdes. Pendant ce temps, sur l'arrière du IIème Corps, la 3ème division Néerlandaise de Chassé soutient l'attaque initiale de de Brunswick, provoquant la réaction immédiate de Kellermann qui enfonce un coin dans la ligne de Chassé, mais échoue à le détruire, d'autant que les cuirassiers subissent des pertes...sans parler de Kellermann lui-même, blessé à la tête.
A droite et au centre, la bataille fait rage avec une intensité moindre. d'Erlon fait approcher son artillerie plus près des lignes britanniques. Le canon tonne sur toute la ligne et les pertes augmentent.
Malgré tout, Mouton, qui a disposé des troupes appuyées par des canons autour de Hougoumont pour se couvrir d'une sortie des Gardes, obtient des résultats de ses canons : une brèche est obtenue. Il lance donc un assaut brutal, qu'il conduit lui-même. En moins d'une heure, le château est capturé [3 aux dés de tir, modifié en 5 : une perte. Le bataillon de Garde perd alors 2 points de moral et est donc une cible bien plus aisée...].
Finalement, un peu avant 14h, lors d'une attaque que d'Erlon mène lui-même, il est touché à l'épaule par une balle et doit être évacué immédiatement pour être pris en charge par Larrey. Son chef d'état-major prend le commandement sur le tas alors que la réserve de cavalerie lance une contre-attaque sur le flanc du Ier Corps, tenu par sa cavalerie légère, qui est refoulée...Mais à gauche, c'est un drame plus important qui se joue. En effet, les survivants du IIème Corps sont massacrés par la contre-attaque d'Uxbridge.
Milhaud doit alors intervenir, sur ordre de l'Empereur lui-même. Son intervention efficace permet de neutraliser rapidement un bon tiers de la cavalerie lourde et moyenne d'Uxbridge.

Situation à 14h


Mais Milhaud s'est mis à portée de l'artillerie de Clinton. Ce dernier a vite remarqué la position difficile de la cavalerie française et fait donner du canon de 12. Les cuirassiers tombent comme des mouches...Milhaud également, blessé à la jambe. Meurtris, le IIIème Corps de Cavalerie vient couvrir les débris du IIème Corps face à Uxbridge, menaçant ce dernier de ses 16 canons de 6.
Plus loin à l'est, le IV.Korps fait enfin son entrée sur le champ de bataille, précédé de sa nombreuse cavalerie, bien appuyée par une artillerie légère nombreuse. Mais la colonne s'étire et devrait mettre dans les deux heures à arriver.
Alors que le IVème Corps de Cavalerie relance des attaques plus ou moins efficaces sur les troupes de Chassé, l'artillerie du Ier Corps a pris ses marques, enfin et inflige des pertes sensibles à la ligne anglaise sur la crête. Une brigade de la 2ème division néerlandaise de Perponcher s'enfuit sous le feu. l'Empereur, qui doit obtenir un résultat rapide pour éviter le désastre total, ordonne au Ier Corps de poursuivre ses efforts vers Waterloo, ayant mal positionné le village sur sa carte (il s'agit en réalité de Mont Saint-Jean).
A gauche, Uxbridge subit un feu nourrit du corps de Milhaud avant d'être chargé par les cuirassiers français. les quelques Life Guards survivants ne parviennent pas à repousser les cuirassiers et Uxbridge ordonne rapidement la retraite à l'abris des lignes de l'infanterie. Plus de la moitié de l'élite de la cavalerie britannique a été tuée. Dans le même temps, le IVème Corps a percé et encerclé les débris de la 3ème division néerlandaise.
Au centre, Mouton avance lentement, écrasant les bataillons alliés sous un déluge de boulets et de mitraille. Les pertes augmentent vertigineusement. Un escadron de cavalerie parvient même, dans un coup de main, à capturer le Prince d'Orange.
A droite, le Ier Corps s'élance sur toute la ligne. Le feu britannique a perdu de sa superbe et la préparation d'artillerie a été décisive : les troupes françaises prennent pied sur la crête et refoulent les troupes de Picton et d'Alten. Les tentatives de contre-attaques échoueront toutes. Il ne reste qu'à nettoyer la crête et à pousser plus en avant, mais il semble que l'armée de Wellington ne soit plus en mesure d'arrêter l'assaut...

Situation à 15h


Alors qu'à gauche, les deux corps de cavalerie français détruisent les dernières troupes de Chassé (IVème Corps essentiellement), les troupes du Ier Corps vengent amplement la destruction du corps de Reille en nettoyant méticuleusement la zone avant de poursuivre l'offensive, soutenue par l'artillerie, montée sur la crête. L'arrivée de Cole et de sa 6th Division n'y change rien. A l'Est, les Prussiens s'approchent...Mais il semble qu'ils ne seront jamais là à temps. L'armée de Wellington est pratiquement détruite.

Situation à 16h

[size=85]on voit en bas à gauche les troupes qui sont sorties de la carte en déroute[/size]

L'épilogue. Alors que le IIIème Corps de Cavalerie vient menacer les arrières alliés en contournant Merbes Braine, Wellington envoie Collaert pour le repousser...mais la cavalerie hollandaise sera massacrée entre la mitraille et les cuirassiers enragés du Corps. Les débris de la cavalerie d'Uxbridge ne viendront même pas disputer le combat. Partout ailleurs sur la ligne, les Français progressent, refoulant les bataillons survivants. Le gros de l'armée anglaise est effectivement pris, tué, blessé ou mis en déroute. Quant à la cavalerie prussienne qui couvre l'avance de Bulöw, elle sera violemment pris à partie par la cavalerie de la Garde, alors que la Garde elle-même se dirige sur Plancenoit pour le combat final...Mais alors Blücher comprend qu'il arrive déjà trop tard. La défaite est consommée.

Situation à la fin de partie - milieu du tour de 16


La partie se termine donc par une victoire automatique française (enfin, elle aurait été atteinte en fin de tour, plus rien ne pouvait l'empêcher). Mais les pertes sont ahurissantes. Le IIème Corps a été détruit, le VIème a subit des pertes sensibles, le Ier n'a plus de cavalerie et a laissé au moins 2000 hommes sur le terrain. Les Français ont donc environ 13 000 à 14 000 tués et blessés plus des troupes en déroute. D'Erlon, Milhaud et Kellermann sont blessés. En face, le résultat est cataclysmique. Les pertes sont au moins de 25 000 tués et blessés, de très nombreux prisonniers et troupes en déroute. Orange, Collaert, Picton, Cole sont capturés. Plusieurs drapeaux sont également pris par les Français.

Petite analyse rapide :
Si le plan de base était tout à fait correct, il a été mis à mal en premier lieu par l'échec du premier assaut d'ampleur de Reille, du à des tirs défensifs d'une redoutable efficacité. En fait, pendant cette partie, il y a eu un nombre assez inhabituel de 2, 3 ou 12. Attaques et contre-attaques se sont succédé sur cette aile et le combat a été d'une effroyable intensité. Si le IIème Corps a été détruit, il a permis l'un des principaux objectifs que je voyais, à savoir l'utilisation des réserves anglaises : Brunswick, Uxbridge ont été engagés. Une fois Uxbridge sorti, il est à la merci des cuirassiers. Sauf que la position de base de Milhaud était trop en arrière pour une intervention efficace, alors que j'avais déjà du engager Kellermann pour repousser Chassé.
Avec Milhaud, l'erreur suivante fut d'envoyer la meilleure pile pour la première contre-attaque...à 2 hex de 2 batteries à 5 PF de Clinton. Monsieur Guillaume s'est donc fait plaisir avec un tir à -1...et il a fait double 1 : perte de 2 PF et de Milhaud ! C'était un coup terrible et j'ai bien cru ne pas pouvoir me relever. J'ai alors pris un risque : amener Milhaud avec ses canons au plus proche d'Uxbridge : soit Uxbridge attaque et auquel cas c'est quitte ou double (l'artillerie est efficace et on a une chance ou elle ne fait rien et boum on se fait défoncer par Uxbridge), soit il recule. Monsieur Guillaume choisira le recul (que j'organiserai donc, alors qu'il devra repartir vers ses missions Commando).
A ce moment, Anglais et Français sont dans un état assez pitoyable. Pour ma part, la situation française n'est guère encourageante puisque j'ai également du engager toutes mes réserves hormis la Garde impériale. Mais cela signifie que celle-ci sera seule face aux Prussiens. Bon...la Garde est costaud quand même. Elle a ses chances. Mais comme souvent, l'effet psychologique du canon est important. Je m'explique. Depuis le début de la partie, les Ier et VIème Corps avancent doucement, imposant un déluge de feu aux lignes de Wellington. Le centre a été écrasé sous le feu, j'ai même pu prendre Hougoumont sans coup férir ni même concentrer de moyens. Au final, la gauche anglaise a l'air toujours forte, car il y a toujours une belle ligne, appuyée par de nombreux canons. Mais en fait, cette ligne est effectivement fine ("the Thin Red Line"). Lorsque le dernier espoir devient le corps de d'Erlon, je me décide donc et je l'envoie en croisant les doigts. Il faut dire que l'artillerie peut faire très mal en tir défensif. Mais si ça passe...Et ça passera. La plupart des attaques se font aisément en 3 à 4 contre 1. La réserve étant inexistante, je peux même avancer à chaque fois un régiment d'élite pour tenir le terrain, avant d'amener des canons.
Avec l'arrivée des Prussiens et le manque de moyens pour leur faire face, il faut prendre des risques pour détruire définitivement Wellington et aller chercher la victoire automatique : elle est à portée mais nécessite quelques sacrifices. J'y consent. Finalement, les Français récoltent donc le fruit de leurs efforts.

Les erreurs pour le coalisé ont été les contre-attaques de Brunswick et de Chassé. Certes, le II Corps était en mauvaise posture, mais il avait encore des dents. Le problème, c'est que ces dents ont mis en déroute l'intégralité du contingent. Avec la déroute de l'ensemble de l'aile droite (il ne reste à Clinton que deux piles, Colville est détruit, etc.), Uxbridge est forcé d'intervenir. Toute la réserve est donc engloutie dans les combats à droite : cela laisse clairement la voie au I Corps et à la poursuite des succès du VI Corps.

Au bilan, certainement une de mes parties les plus tendues avec les rebondissements les plus impressionnants.

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